Une fois de plus, mon grand-père m'a offert un petit cadeau qui m'a vraiment fait plaisir : un petit livre qu'il a trouvé dans le grenier de mon arrière-grand-mère. Ma grand-mère voulait le brûler, celà aurait été bien dommage !
Titre : "Le trésor des jeunes demoiselles, ou conseils d'une mère à ses filles"
Sujet : comment jouer son rôle de super-potiche pour bien servir son tendre époux
Epoque : d'après mes déductions, juste après la première guerre mondiale
Quelques extraits :
"Ce que le monde exige d'une femme se réduit à ce qu'elle soit aimable dans la société et utile dans son ménage"
"L'homme, le plus actif, le plus intelligent ..."
"Quels sont les talens et les connaissances essentielles qu'une femme doit acquérir pour devenir bonne épouse, bonne mère et sage ménagère :
[...]
La première de toutes les connaissances, celle qui est indispensable à toutes les femmes, de quelque condition qu'elles soient, c'est la parfaite connaissance du ménage dans toutes ses branches. C'est le vrai champ d'activité et de gloire pour une femme, où elle peut et doit montrer toute sa capacité et songénie."
...
Tous les loisirs sont néfastes, ils détourneraient la femme de ses devoirs (sauf le dessin et la broderie, qui peuvent être utiles):
la danse est "un art dangereux", et la pire est la valse : "ruine de la santé et des bonnes moeurs"
les langues étrangères, la littérature, les sciences ... sont absolument inutiles pour les femmes
"Crois-tu que des entretiens littéraires, quelques pièces fugitives, un roman, dédommageront son époux du désordre de son ménage, du défaut d'économie, de la négligence de son linge, de la corruption de ses enfans abandonnés aux soins des domestiques ?"
Religion : un homme peut ne pas croire en Dieu, pas une femme !
"Evite toutes familiarités avec les jeunes gens ; évite même de te trouver seule avec eux, ne fût-ce que pour éloigner jusqu'à l'ombre du soupçon, et quand même tu serais sûre que ton honneur virginal ne court aucun danger."
"Mets-toi plus en garde encore contre les jeunes gens qui, sous le masque du sentiment, de la moralité et de l'amitié, ou de l'amour platonique ou sous d'autres prétextes spécieux, tendent à une jeune les pièges les plus dangereux."
"Souviens-toi enfin que la nature et la société ont voulu que l'homme fût le maître et le protecteur de la femme, que celle-ci fût sa compagne reconnaissante et soumise ; que l'homme fût l'orme, et la femme le lierre tendre et flexible qui s'attache au tronc de l'arbre, s'élève avec lui, et qui, sans lui, ne serait qu'une plante rampante que chaque passant fouerait aux pieds."
"Attache-toi, de la manière la plus inviolable, à ton époux ; n'xiste qu'en lui et pour lui, fait par conséquent tout ce qui lui est agréable ; évite tout ce qui pourrait lui déplaire ; sois toujours franche, ouverte et sincère avec lui, ne cherche jamais à lui rien cacher, à lui rien déguiser ; n'abuse jamais de sa confiance, de quelque manière et sous quelque prétexte que ce soit ; et s'il arrive par fois qu'il ait des caprices, de la mauvaise humeur, même des emportements, tu n'emploieras jamais d'autres armes contre lui que celles que la nature t'a données : la condescendance, la douceur, la supplications, les tendres caresses."
"Supposons, ma chère fille, que tu ayes pour mari un homme qui aime le vin plus qu'il ne faudrait.
[...]
"On voit beaucoup de femmes qui au lieu d'y remédier en silence, jettent des hauts cris, non-seulement sur celui-ci, mais encore sur d'autres défauts de leur mari. Il est aisé de voir quel est le motif secret qui les engage à cette démarche, au moins très imprudente, c'est la vanité ! elles veulent se rendre intéressantes ; il leur semble si doux qu'on les plaigne."
[...]
"Lorsqu'un homme se jette dans la débauche on en peut toujours attribuer la première cause au mauvais état de ses affaires domestiques, et principalement à l'esprit ou au caractère de sa femme."
[...]
"Malheur, à l'épouse coupable, qui, par sa conduite blâmable, a donné naissance à ce vice ; elle en sera responsable envers Dieu et envers la société."
Si l'homme trompe sa femme :
"Regarde comme une marque d'estime de la part de ton mari la précaution qu'il a de te cacher ce que tu n'ignore pas que tu désapprouverais, ce sera en même temps une preuve qu'il n'est pas encore indifférent de toi, puisqu'il est si soigneux de ne pas vouloir troubler ton repos. Sois assurée, ma chère fille, que dans ces sortes d'aventures, le silence et la discrétion sont les plus sûr antidote qu'elle puisse employer pour le guérir de l'inconstance et le rendre aux sentiments qu'il doit à son épouse, est de faire semblant de rien, mais de redoubler, s'il est possible, de vertu, d'amabilité et d'attentions délicates pour lui."
Ca donne envie de se marier ...